Arles 2010... j'y étais

Du lourd et du piquant, qu’y disaient !

C’était bien ce qui était annoncé…
Lourd, comme la chaleur. Piquant comme ce sympathique rhinocéros, croisé dès Avignon.
Lourd et piquant comme la programmation ? Promenade argentine, promenade argentique, promenade Rock, promenade de passage de témoins. Ca me semble plutôt sympa de prime abord. Allez zou c’est parti !

J’ai aimé…

> Marcos Lopez. Attention ’’Baroque’’ !
Un univers où chaque photo – tableau ? – est un monde en soi, devant lequel on peut passer des minutes, des heures, à en explorer toute la richesse de la mise en scène, à scruter tous les détails, comme si on lisait un livre, où l’intrigue se dévoile chapitre après chapitre.
Une découverte au sein de cette promenade argentine. Fascinant !

> Claude Gassian. Au sein de la promenade Rock, coup de cœur pour ce photographe qui gravite dans le monde de la musique.
Du très bon, un voyage dans l’histoire contemporaine de la musique rock et pop rock. Un vrai de jeu de piste dans nos mémoires, dans notre culture musicale. Et au final on se dit que chaque artiste ne pouvait être photographié que comme ça, que c’est vraiment lui. Grand artiste aussi pour ses travaux personnels qui font un bon contrepoint à ces portraits.

> Klavdij Sluban et son exposition  »Transiberiades ».
C’est la première fois que je vois une expo après avoir acheté et lu le livre afférent. On est dans un autre rythme de lecture, et donc un autre agencement des images. Ça ne me déplait pas aussi, par rapport à la thématique, de marcher devant ces photos, comme un voyageur… de m’arrêter où je veux, quand je veux, le temps que je veux. Puis de repartir, avec des images plein la tête.

> Ernst Haas. Un précurseur ! Quelle modernité dans son cadrage, dans le choix de ses sujets ; il avait saisi tout le potentiel de la photo couleur et avait su faire sien ce nouveau langage visuel. Un bel exemple de street photography, où il joue (parfois un peu trop, si je devais apporter un bémol..) avec allégresse des reflets de la ville.

> Et enfin, et surtout, Mario Giacomelli. Reconnaissable entre tous mais tellement simple et efficace. Le bonheur de revoir des images de cet artiste.
A voir tant pour le plaisir des images, que des mots et poèmes qui collent si bien à son œuvre. Ah Silvia !


Sinon…

> L’exposition Shot ! sur le tir photographique. Mention spéciale pour Jean-François Lecourt et Rudolf Steiner qui ont pris le principe au pied de la lettre en tirant carrément à balles réelles sur le tirage ou directement sur l’appareil de prise de vue.
Il y a forcément derrière tout ça une allégorie entre la prise de vue et le tir avec un vocabulaire commun troublant !

> Je reste assez sur ma faim pour cette promenade argentine. Je ressors avec l’impression qu’il y a une immense blessure pas encore cicatrisée et que les artiste argentins n’en sont qu’au début de leur production pour se libérer de ces démons de l’Histoire.
Je dis bien artiste, je ne parle pas de photographe, car la plupart ont opté pour plusieurs supports, dont la photographie. Curieux choix de programmation pour un festival photo !!

> Idem pour la promenade Rock, où je reste plus sur l’impression d’avoir feuilleté un Hors Série géant de Paris Match que d’avoir visité une expo photo.
A noter tout de même, la rencontre intéressante de Robert Mapplethorpe et Patti Smith, où ces deux géants ont réussi à fusionner leurs univers respectifs, puissants et énergiques, pour livrer quelque chose d’assez doux et apaisant par rapport au reste.
Coup de cœur aussi pour Peter Hujar et David Wojnarowicz.

> Un beau voyage dans l’histoire de la photographie offert par Picto Pour réviser ses classiques, et les revoir, sans bouder son plaisir.

Au final…

Sentiment très mitigé sur cette cuvée 2010. Je dirai même, pas franchement emballé du tout.

Dans mes commentaires j’ai aussi préféré m’abstenir sur le Grand Prix de la Découverte parce que je me dis qu’il doit forcément y avoir une erreur… Autant j’avais été émerveillé et dithyrambique ces deux dernières années par ce Prix, autant là… je sais pas quoi dire.
J’ai juste eu l’impression de me retrouver à Ikea, où on ne peut pas arriver au bout sans se taper tous les rayons qui n’en finissent pas (et encore à Ikea y’a des raccourcis secrets…).

Lourd et piquant ? C’est selon le sens qu’on donne aux mots…

Allez pour finir – comme d’habitude – quelques autoportraits en cours de visite et sur le chemin du retour.

One response on “Arles 2010… j’y étais

  1. Je reviens de rencontres d’Arles et effectivement il y a énormément de photographies exposé très intéressantes.

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