... ou comment introduire la notion de photographie équitable
Voilà quelques semaines que j'existe officiellement comme photographe.
Je n'en suis pas encore à faire un bilan. Tout au plus un état des lieux, passager et furtif.
Si d'un point de vue purement photographique j'ai pris mes marques, les négociations commerciales m'ont laissé quelque peu perplexe et m'ont amené beaucoup d'interrogations (non, non, pas encore de doutes ou de désillusions... pas encore).
Je savais que ces démarches prendraient du temps et de l'énergie, et je m'y étais préparé.
Je ne pensais cependant pas que j'aurai à me transformer en juriste et en défenseur du droit français !
Allez expliquer à un client qu'il n'est propriétaire d'une image que pour un usage donné. Allez expliquer à un artisan ou artiste que je suis aussi en droit de revendiquer des droits d'auteurs sur la photo que j'ai faite de son oeuvre. Allez expliquer à un client que ma sécurité sociale dépend des droits d'auteurs (légitimes) que je facture. Allez expliquer à un client qu'il doit régler une partie de la facture à un organisme dont il n'a jamais entendu parler et auprès duquel il doit se déclarer. Stop, je m'arrête là pour cette liste...
Du coup j'en suis venu à passer un bon moment à rédiger des notices techniques, juristes et fiscales pour vulgariser tout ça et l'expliquer, pour démarcher, pour négocier. Au détriment de la photo.
Quand j'entends parler de facilitation de la création d'activité, d'auto entrepreuneriat, de développement de l'esprit d'initiative... certes, mais j'en vient à réver d'un fonctionnement plus simple pour ce qui relève de la création artistique et surtout, oui surtout, d'un respect du Code de la propriété intellectuelle, du droit en vigueur passant par une meilleure communication. Par exemple une information sur le droit d'auteur faite par notre Ministère de tutelle à nos principaux clients pontentiels !
Ce qui m'amène à la deuxième partie de ma réflexion, qui sera plus rapidement exposée, et qui concerne les banques d'images sur Internet.
Ces banques proposent des images ''libres de droit'', aberration juridique, à des prix défiant toute concurrence. Défiant toute concurrence parce que ne respectant pas le Code de la proppriété intellectuelle français, en le contournant subtilement.
Comment argumenter son devis face à un client qui connait ces sites et qui s'étonne de l'écart de prix et des contraintes que je lui expose en terme d'utilisation de l'image ?
Et au delà de ça, et c'est le plus important à mon avis, comment donner du sens et de la valeur à son travail ?
Pour finir, je veux juste ici être le relais d'une initiative de Catherine Deulofeu de l'agence BIOS PHOTO qui exprime de façon tout ce qu'il y a de plus simple les quelques lignes que vous venez de lire en introduisant le concept de photographie équitable.
Je conseille au passage la lecture du blog Aube Nature de Cédric Girard (auteur du visuel ci dessus) où vous pourrez trouver des exposés plus complets, plus documentés, et mieux argumentés que je ne saurai le faire sur le deuxième point que je viens d'aborder. Et bien sûr il y est beaucoup question de photo, essentiellement animalière et nature.
Je vous laisse sur cette réflexion en attendant de vous reparler, et surtout vous montrer, des photos très prochainement.
[1er janvier 2010 - Depuis que j'ai écrit cet article, j'ai changé de statut... un peu à regret... mais il faut faire avec les règles du jeu en place... ]

