jeudi 8 juillet 2010

Arles 2010... j'y étais

Du lourd et du piquant, qu'y disaient !

C'était bien ce qui était annoncé...
Lourd, comme la chaleur. Piquant comme ce sympathique rhinocéros, croisé dès Avignon.
Lourd et piquant comme la programmation ? Promenade argentine, promenade argentique, promenade Rock, promenade de passage de témoins. Ca me semble plutôt sympa de prime abord. Allez zou c'est parti !

J'ai aimé...

> Marcos Lopez. Attention ’’Baroque’’ !
Un univers où chaque photo - tableau ? - est un monde en soi, devant lequel on peut passer des minutes, des heures, à en explorer toute la richesse de la mise en scène, à scruter tous les détails, comme si on lisait un livre, où l’intrigue se dévoile chapitre après chapitre.
Une découverte au sein de cette promenade argentine. Fascinant !

> Claude Gassian. Au sein de la promenade Rock, coup de cœur pour ce photographe qui gravite dans le monde de la musique.
Du très bon, un voyage dans l’histoire contemporaine de la musique rock et pop rock. Un vrai de jeu de piste dans nos mémoires, dans notre culture musicale. Et au final on se dit que chaque artiste ne pouvait être photographié que comme ça, que c’est vraiment lui. Grand artiste aussi pour ses travaux personnels qui font un bon contrepoint à ces portraits.

> Klavdij Sluban et son exposition ''Transiberiades''.
C’est la première fois que je vois une expo après avoir acheté et lu le livre afférent. On est dans un autre rythme de lecture, et donc un autre agencement des images. Ça ne me déplait pas aussi, par rapport à la thématique, de marcher devant ces photos, comme un voyageur… de m’arrêter où je veux, quand je veux, le temps que je veux. Puis de repartir, avec des images plein la tête.

> Ernst Haas. Un précurseur ! Quelle modernité dans son cadrage, dans le choix de ses sujets ; il avait saisi tout le potentiel de la photo couleur et avait su faire sien ce nouveau langage visuel. Un bel exemple de street photography, où il joue (parfois un peu trop, si je devais apporter un bémol..) avec allégresse des reflets de la ville.

> Et enfin, et surtout, Mario Giacomelli. Reconnaissable entre tous mais tellement simple et efficace. Le bonheur de revoir des images de cet artiste.
A voir tant pour le plaisir des images, que des mots et poèmes qui collent si bien à son œuvre. Ah Silvia !


Sinon...

> L'exposition Shot ! sur le tir photographique. Mention spéciale pour Jean-François Lecourt et Rudolf Steiner qui ont pris le principe au pied de la lettre en tirant carrément à balles réelles sur le tirage ou directement sur l'appareil de prise de vue.
Il y a forcément derrière tout ça une allégorie entre la prise de vue et le tir avec un vocabulaire commun troublant !

> Je reste assez sur ma faim pour cette promenade argentine. Je ressors avec l'impression qu'il y a une immense blessure pas encore cicatrisée et que les artiste argentins n'en sont qu'au début de leur production pour se libérer de ces démons de l'Histoire.
Je dis bien artiste, je ne parle pas de photographe, car la plupart ont opté pour plusieurs supports, dont la photographie. Curieux choix de programmation pour un festival photo !!

> Idem pour la promenade Rock, où je reste plus sur l’impression d’avoir feuilleté un Hors Série géant de Paris Match que d’avoir visité une expo photo.
A noter tout de même, la rencontre intéressante de Robert Mapplethorpe et Patti Smith, où ces deux géants ont réussi à fusionner leurs univers respectifs, puissants et énergiques, pour livrer quelque chose d’assez doux et apaisant par rapport au reste.
Coup de cœur aussi pour Peter Hujar et David Wojnarowicz.

> Un beau voyage dans l'histoire de la photographie offert par Picto Pour réviser ses classiques, et les revoir, sans bouder son plaisir.

Au final...

Sentiment très mitigé sur cette cuvée 2010. Je dirai même, pas franchement emballé du tout.

Dans mes commentaires j'ai aussi préféré m'abstenir sur le Grand Prix de la Découverte parce que je me dis qu'il doit forcément y avoir une erreur... Autant j'avais été émerveillé et dithyrambique ces deux dernières années par ce Prix, autant là... je sais pas quoi dire.
J'ai juste eu l'impression de me retrouver à Ikea, où on ne peut pas arriver au bout sans se taper tous les rayons qui n'en finissent pas (et encore à Ikea y'a des raccourcis secrets...).


Lourd et piquant ? C'est selon le sens qu'on donne aux mots...

Allez pour finir - comme d'habitude - quelques autoportraits en cours de visite et sur le chemin du retour.





mercredi 15 juillet 2009

Arles 2009

C'est quoi être photographe en 2009 ?

Cette année c'était version commando. Une journée seulement, aller-retour dans la journée en train.
Donc forcément il y avait des choix à faire, un parcours à respecter. pas d'errance comme l'année dernière.
Le tout avec cette question qui me trotte dans la tête depuis quelques mois : ''C'est quoi être photographe ?''. Et si, comme un écho qui fait bien les choses, le récent hors série de Réponses Photo a récemment abordé ce thème et engagé une réflexion, je n'arrive toujours pas à (re)trouver les certitudes que j'avais encore il y a quelques temps.
Peut-être que toutes les expositions que j'allais voir me permettraient de, au moins, redéfinir les contours de mon interrogation. Commençons par regarder ce que font les autres...

Justement, après lecture de différents magazines photos dans le train je débarque à Arles et entame mon parcours, finalement pas si sélectif que ça car j'ai pu voir plus que ce que j'avais prévu.


Une première constatation...

L'Olympus Pen E-P1 fait une apparition fracassante dans le paysage photographique. C'était la tendance de la journée.





J'ai aimé

> Jean-François Spricigo, nommé pour le Prix de la découverte (et malheureusement pas retenu au final...). Une belle découverte; il se dégage de ses images une ambiance comme je les aime. une ambiance d'entre deux. Il dit ‘’Une expérience ne nous appartient pas, seuls nos souvenirs nous appartiennent ’’ et il part de ce constat pour cette série. Ces photos évoquent plus qu'elles ne décrivent. Elles rappellent plus qu'elles ne définissent.


> Eugène Richards, et là aussi il est question d'ambiance avec sa série ''The blue room''. Images d'une chromie simple et maîtrisée. On se sent dans la peau d'un voyeur, on s'imagine, on se pose des questions. On voudrait tirer les rideaux, soulever les draps, ouvrir les portes pour aller encore plus loin dans ses images.

A voir aussi d'autres expositions dont Book montage et l'incroyable portrait qu'il a fait de sa femme.

> Willy Ronis... ah ! Willy Ronis... Quel bonheur !
On regarde ses photos comme on feuillette un album de famille; avec ses joies, ses peines ; avec sourire et émotion. C’est notre vie qui défile, c’est notre vie qu’il voit et qu’il nous montre. C’est le portrait d’une société, d’autres époques.
Soit on connaît déjà ses photos et on prend plaisir à les revoir ; soit on ne les connaissait pas (oui c’est encore possible) et on s’émerveille.
Le grand moment de cette édition.

Une phrase écrite sur le mur m’accroche. Willy Ronis a dit ‘’La photographie, c’est le regard. On l’a ou on ne l’a pas’’. Et si c’était tout simplement ça la définition de la photographie. Il faut que je m’accroche à ça. Pour continuer.



Sinon...

> La rétrospective pour les 40 ans des Rencontres regorge de photos qui illustrent bien pourquoi le terme de rencontres a été choisi par les fondateurs de l'évènement, et nous fait voyager à travers le temps. On sent en effet que tout est né d'une rencontre entre photographes, entre potes.

> Je n'arrive toujours pas rentrer dans l'univers de Nan Goldin, ça ne me touche pas, et même pire je ne le comprends pas. J'ai toutefois apprécie le travail réalisé par un de ses invités, Jean-Christophe Bourcart. Un travail documentaire sur la ville de Camden, NJ, aux USA, mené comme la rédaction d'un journal intime. Un vrai travail de photo-journaliste.

> A voir les photos de Paulo Nozolino qui en plus d'être intéressantes nous montrent qu'il est, encore, possible d'exposer des tirages 18x24 cm sur des murs ! Bien loin des canons actuels...

> A ne pas manquer l'exposition Duane Michels, photographe très fertile et imaginatif. Maître dans l'art du portrait, surtout génial pour ses séquences d'images qui racontent une histoire. Notamment ''The journey of the spirit after the death''. Et si c'était vraiment ça ?

> Et pour fini dans les coups de cœur en vrac; Attila Durak qui montre la Turquie avec joie et couleurs; Giorgia Fioro, fidèle à elle même, sobre, simple, ses images vont droit au cœur; et Laurence Leblanc, pour voir l'Afrique autrement...

Au final

Depuis Willy Ronis qui prenait en photo les grévistes qui défendaient leurs droits au milieu des années 30 jusqu'à l'UPC qui lance un appel, pendant les Rencontres, pour défendre les droits de ceux qui veulent vivre de la photo, du temps est passé. Beaucoup de questions se posent sur cette profession.
Et s'il fallait commencer par là ? Réaffirmer haut et fort que photographe est un métier !
Et même si je pense qu'il est effectivement nécessaire, et vital, de redéfinir ce métier, je finirai ce billet avec les mots de Willy Ronis. Pour garder la beauté et la magie qui font aussi la photo, qui en sont l'essence même.
Justement, en retournant à la gare attendre le train du retour, il était là. Willy Ronis était à la gare, comme moi, attendant son train, le mien !
Willy Ronis est là, en fauteuil roulant. Beaucoup de gens passent à côté de lui, sans apparemment le reconnaître. Suis-je le seul à m’arrêter et oser croiser son regard ? Il discute, gaiement.
J’ai un regard en face de moi.

Et moi ? Est-ce que j’en ai un ? Là est la question...

A l'année prochaine...

  

jeudi 10 juillet 2008

Arles 2008

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mercredi 9 juillet 2008

Extinction de voix


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