De Byung-Chul Han à Chema Madoz

15.10.2015
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1 Commentaire
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Chema Madoz

De Byung-Chul Han, philosophe coréen germanophone, à Chema Madoz, photographe espagnol, le grand écart parait énorme voir infranchissable. Et pourtant !

A toutes mes connaissances photographiques je conseille la lecture de ces deux ouvrages. Pourquoi ?

Tout d’abord le petit livre de Byung-Chul Han (100 pages de gros caractères, pour les réfractaires) permet de prendre un peu de recul sur l’usage du numérique et la pratique photographique actuelle. Je n’ai pas la prétention de faire un résumé intégral et surtout de dire que j’ai tout compris mais il est très bien écrit, abordable et riche de références diverses.
Il est question en gros d’instantanéité à outrance – « La communication numérique supprime les distances habituelles. La suppression des distances spatiales s’accompagne d’une érosion des distances mentales  » -, de perte de recul par rapport au flux d’images – « L’image numérique va de pair avec un mode d’existence qui n’est plus régi par le devenir, le vieillissement, la mort. Ce mode est celui d’une présence et d’une actualité permanentes. » – , de la transparence élevée à tort en obligation de toute relation communicationnelle – « Lorsque tout devient subitement public, la politique perd le sens du long terme, des perspectives, et elle se noie dans le bavardage. La transparence totale impose à la communication politique une temporalité incompatible avec la planification lente, de lente haleine. ». Entre autres…

Je le conseille aussi à tous les parents inquiets de l’usage grandissant des objets connectés, tablettes, smartphones et autres par nos enfants. Il y a des réflexions très pertinentes.

C’est le hasard qui a fait que je lisais Angle de réflexion, le livre de Chema Madoz en même temps, et il vient en parfait contre-exemple, en faisant l’éloge du temps. A travers ses images, ses natures mortes poétiques, Chema Madoz nous fait prendre le temps.
D’abord le sien, le temps de la réflexion, de l’élaboration de ses compositions et de la prise de vue. Puis le temps du spectateur, nous, qui regardons ces images et qui prenons plaisir à prendre le temps de le faire. A essayer de comprendre comment il a fait, ce que ça nous évoque, le temps du plaisir tout simple.
Comme pour nous rassurer que le temps existe encore.

Bonne(s) lecture(s)

Byung_Chul Han Chema Madoz

 

One response on “De Byung-Chul Han à Chema Madoz

  1. Chouette livre que je conseille à tous ceux qui redoutent l’influence du numérique et des nouvelles technologies.

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